L’opération de la cataracte, très courante chez les patients de plus de 65 ans, consiste à remplacer le cristallin par un implant.
Est-il possible de changer cet implant après l’opération ? Oui, mais il faut bien peser les bénéfices à attendre de ce changement et les risques d’une réintervention.
Pourquoi changer d’implant après une opération de la cataracte ?
Même si cela est rare, plusieurs raisons peuvent motiver un éventuel changement d’implant.
- Une complication
Certaines complications ne permettent pas de laisser l’implant en place : rupture capsulaire (rupture du sac cristallinien dans lequel repose l’implant), déplacement de l’implant, etc.
- Une sur ou une sous-correction
L’implant posé doit corriger les défauts visuels du patient. Dans l’immense majorité des cas, le calcul de la puissance de l’implant est très fiable, car il est réalisé à l’aide d’appareils de mesure très précis en fonction de la longueur du globe oculaire et de la courbure de la cornée.
Mais un écart peut exister entre la correction et la réalité, dont on se rend compte seulement après l’opération.
- Le souhait de bénéficier d’implants de nouvelle génération
Les cristallins artificiels sont de plus en plus perfectionnés. Certains patients, opérés tôt et dont l’implant est ancien, peuvent souhaiter bénéficier de ces avancées en remplaçant leur ancien implant par un nouveau.
Changer d’implant, est-ce risqué ?
Un éventuel changement d’implant ne doit être décidé qu’après en avoir soigneusement pesé les bénéfices et les risques, après discussion avec le chirurgien. En effet, c’est une intervention toujours délicate, qui comporte des risques non négligeables :
- Il se crée parfois des adhérences entre l’implant et le sac cristallinien dans lequel il repose. Lors de la tentative de retrait de l’implant, le sac peut se déchirer ou se désinsérer. La mise en place d’un nouvel implant sera alors beaucoup plus difficile puisqu’il faudra changer de technique pour le positionner (par exemple en le fixant à l’iris). La déchirure peut, par ailleurs, nécessiter des gestes complémentaires, comme une vitrectomie.
- Pour retirer l’implant en place, il faut le fragmenter car l’incision pratiquée sur l’œil, par laquelle il est extrait, est minime. Selon la nature de l’implant, cette fragmentation peut être difficile et faire courir le risque là encore d’une rupture capsulaire.
- Retirer l’implant peut causer un œdème cornéen ou maculaire.
C’est là toute la difficulté dans la prise de décision d’une réintervention : agir rapidement pour limiter au maximum les risques de formation d’éventuelles adhérences, tout en prenant le temps de la réflexion pour bien peser le rapport bénéfices/risques….
De manière générale, il est très délicat de changer un implant très ancien, même s’il est tentant de bénéficier de techniques plus récentes. Dans ce cas, on privilégiera d’autres techniques, par exemple :
- Le laser.
- Le Piggy-Back, consistant à poser un autre implant, en avant du précédent qui reste en place.
Changement d’implant : comment ça marche ?
Dans les cas où il est possible de remplacer l’implant, le chirurgien procède en plusieurs étapes. Il extrait l’implant par de petites incisions, après l’avoir fragmenté. Puis il met en place le nouvel implant.